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Impressions de Bologne

Petit compte rendu (non exhaustif) du séjour à Bologne organisé par CLEF à la Toussaint 2011 Voyage à Bologne

Bologne est une ville rose qui possède un charme fou. Dans les multiples rues munies d’arcades, il suffit de lever les yeux pour découvrir une fresque ou une sculpture. Comme souvent en Italie, la ville est un musée.

Clavecin en France avait rassemblé une trentaine d’adhérents pour un voyage consacré essentiellement à la visite de la collection Tagliavini. Notre séjour a commencé le samedi matin par la visite du Musée de la Musique, nouvellement installé dans un magnifique bâtiment ancien. On y voit entre autres le célèbre clavecin « Clavimusicum omnitonum » de Vito Trasuntino (Venise 1606) qui possède un unique jeu avec 31 notes par octave permettant d’obtenir le développement complet du tempérament mésotonique. L’instrument est muni d’un monocorde destiné à faciliter l’accord (l’ancêtre de l’accordeur électronique en somme !). La conservatrice du Musée nous conduit ensuite dans une pièce contenant des manuscrits et des éditions anciennes particulièrement intéressantes, ainsi qu’une collection d’instruments anciens.

L’après-midi était consacrée à une première visite du Museo San Colombano . Celui-ci contient la collection d’instruments que le Professeur Luigi Fernando Tagliavini a rassemblés tout au long de sa carrière. Le célèbre organiste et musicologue renommé avait regroupé ses instruments à son domicile de Bologne. Depuis un an cette imposante collection est présentée au public dans le cadre de la série de musées de Bologne. L’église et le couvent San Colombano, en plein centre-ville, ont été aménagés à cet effet. Le lieu est extraordinaire, magnifiquement restauré, avec une nef centrale, plusieurs niveaux et des chapelles collatérales aménagées en salons d’exposition. Une crypte permet de découvrir les restes de la chapelle romane ainsi qu’une fresque du 13e siècle mise à jour pendant les travaux.

La collection se compose de 3 clavicordes, 10 clavecins, 10 épinettes ou virginals, 1 piano-clavecin, 12 pianos, 2 orgues auxquels se rajoutent des hautbois, clarinettes, flûtes, ocarinas, orgue à cylindre, serinette, glockenspiel, dulcimer et autres curiosités telle que la machine à fabriquer des cordes filées …

Les clavecins comme les épinettes réunis ici montrent essentiellement les différents types d’instruments italiens. Après un premier tour des instruments, Clavecin en France proposait deux mini-concerts d’une demi-heure qui étaient intégrés dans la programmation musicale du musée.

Dominique Ferran (professeur au CRR de Poitiers) puis Bruno Texeira-Martins (étudiant au CNSM de Paris) ont proposé chacun un choix d’œuvres de Frescobaldi, Perinne, Froberger, Luzzaschi et L. Couperin. Trois instruments étaient disponibles pour ces concerts, disposés dans un magnifique oratoire, à l’étage, recouvert intégralement de fresques et brodé de boiseries. Un espace rêvé qui nous transporta au-delà du temps.

Les trois instruments étaient : Une belle épinette pentagonale attribuée à Trasuntino (vers 1540), un magnifique clavecin de Fabio de Bologne (1686) restitué dans sa disposition originale 8’ 4’, sol à do3 et une rare épinette « à l’italienne » de Louis Denis (Paris, 1681) construite pour sa fille Marie-Angélique, future épouse de Louis Marchand.

Le jour suivant, une seconde visite, conduite comme la première par le facteur de clavecins Émile Jobin , nous permettait de comprendre et de voir les nombreux détails spécifiques de la facture italienne et de profiter des explications approfondies et avisées d’un expert de la construction comme de la restauration des instruments.

Dans cette sublime collection, il faudrait s’arrêter sur tous les instruments. Nous sommes impressionnés particulièrement par la beauté sonore du clavecin Albana (Naples, 1584), par la puissance du Giusti (Ferrare, 1679), l’un des rares instruments à posséder la disposition originale 8’,8’,4’. L’épinette de Trasuntino citée plus haut, possède également un timbre exceptionnel.

Le lundi notre attention s’est portée sur les orgues de la ville. Le matin nous avons entendu l’instrument de San Martino, petit orgue de 1556, à un clavier, comme toujours en Italie. Présenté habilement par son titulaire qui a ensuite ouvert sa tribune exiguë. Nous avons pu apprécier ce bel instrument ; la douceur chantante et vocale des principaux comme l’ampleur du Ripieno, jamais agressif.

A deux pas de San Martino, sous les colonnades, tout le monde s’est précipité ensuite au magasin Ut Orpheus dont le mur couvert de fac-similes et l’arrière-boutique remplie de traités a fait craquer plus d’un …

L’après-midi nous conduisait à San Petronio Liuwe Tamminga , organiste de l’église et conservateur de la collection Tagliavini nous présentait les deux célèbres orgues de la basilique datés respectivement de 1475 et 1596, restaurés scrupuleusement dans leur état d’origine ! Les deux instruments exceptionnels, placés au départ dans des buffets en bois, ont été transportés et placés tel quels dans des buffets en pierre de la période baroque. L’orgue gothique basé sur le Principal de 24 pieds est étonnant à la fois par sa douceur et l’ampleur de son ripieno de 10 jeux.

Les journées de Bologne s’achevaient par une ultime visite à la collection Tagliavini conduite cette fois par Liuwe Tamminga qui nous a fait entendre un grand nombre des instruments restaurés et en état de jeu. Les deux orgues de San Colombano ont sonné, ainsi que le superbe Bechstein de 1866 et le séduisant Stein de 1833. L’objet rare de la collection reste le clavecin-pianoforte de Ferrini, construit en 1746 par le disciple de Cristofori. Le clavier de clavecin sonne fort par rapport à la douceur du clavier de piano ! Autre instrument anecdotique, le clavecin brisé, façon Marius, que Liuwe Tamminga, plie et déplie avant de nous le faire entendre. Cet instrument faisait peut-être partie des deux clavecins « pliants » de Farinelli, mort à Bologne en 1782.

Ces quelques lignes ne sont rien par rapport aux moments inoubliables que nous avons vécu auprès de ces instruments historiques dans cette atmosphère de culture italienne.

D.F





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publié le vendredi 10 mars 2017

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